On aime / On n’aime pas aux USA – Le choc culturel dans les petits détails #1

On aime… « It’s amazing! »

On vit depuis quelques mois dans un optimisme ambiant, les Américains ont cette étrange manière de trouver tout ce qu’on leur raconte exceptionnel, incroyable et j’en passe. Ce n’est pas pour nous déplaire, la bonne humeur ambiante commence d’ailleurs peut-être à déteindre sur nous.. En tout cas on comprend mieux leur choc quand ils sortent de l’aéroport à Paris et montent dans un taxi aussi aimable qu’une porte de prison (boo le cliché..)

On n’aime pas… « Bonjour, comment ça va? »

Souvent les gens ici nous demandent d’où on vient (notre accent serait-il à ce point flagrant?!), et quand on dit qu’on est français, beaucoup nous ressortent les trois mots qui leur restent de leurs cours de lycée. Enfin, il y a aussi ceux qui nous racontent leurs visites ou leurs connaissances françaises. Un peu usant à la longue mais finalement bien pratique pour engager une conversation !

On aime.. les montagnes

Ici à Seattle, on est au beau milieu d’un espace vallonné. Que ce soient les Olympics, les Cascades où le Mont Rainier, les jours de météo dégagée offrent des vues chaque jour différentes et exceptionnelles. Difficile de se lasser d’un lever de soleil derrière les Olympics en allant au travail le matin.

p1120644On n’aime pas… la Denny Way

Le contrepoids de ça, c’est qu’évidemment Seattle est une ville vallonnée. Finies les balades en vélo le long du canal du midi, non là ce serait plutôt la mode du URBAN SPORT : monter et descendre des marches, arpenter des pentes à 20 degrés, ça ne manque pas ici ! La Denny Way est particulièrement ardue, imaginez une route toute droite qui monte de 80 mètres en moins de 2 km… C’est Valentin qui est content de la descendre les jours de verglas et de la remonter chaque soir en rentrant du travail 🙂

2008
En 2008, la ville de Seattle a refusé de saler les routes…

On aime… le zéro jugement

Sortir en leggings un dimanche matin pour aller faire des courses, prendre le bus déguisé en Père Noël ou encore aller faire son plein d’essence en pyjama… tout est possible ici, et tout le monde s’en fiche ! Quel bonheur de ne pas se sentir épié et jugé à nos moindres faits et gestes. Et ce qui est assez incroyable, c’est que ce n’est pas de l’indifférence ou de l’individualisme comme j’entends souvent, non les gens prêtent attention aux autres, c’est juste qu’ils ne sont pas dans le jugement.

On n’aime pas… LE GASPILLAGE

Le désavantage de ça, à mon avis c’est que du coup on laisse passer des comportements de mon point de vue inadmissible. En France, quoi qu’on en dise, notre manie de juger les autres nous pousse à nous comporter « correctement » pour éviter remarques ou autres. Ici quoi que tu fasses, tout le monde s’en fiche (sauf pour certains trucs, j’exagère)? Enfin par exemple, ici, le gaspillage ou les comportements écologiques ne sont pas du tout mal vus. Tu jettes ta bouteille en plastique finie par la fenêtre de ta voiture en roulant ? Ok no problem. Tu achètes des tonnes de bouffe pour la semaine mais tu jettes la moitié à la fin de la semaine ? Ok no problem. Tu mets le chauffage à fond au point que tu dois ouvrir tes fenêtres en plein hiver pour ne pas crever de chaud ? Ok no problem…

On aime… Aller au travail en compagnie des écureuils

Alors ça, c’est un de mes petits plaisirs quotidiens 🙂 Oui je sais les écureuils, c’est comme les rats, c’est plein de cochonneries, mais n’empêche, c’est trop mignon ! Les rues ici pullulent de ces petites bêtes à poils, bon ce ne sont pas nos petits écureuils roux du jardin des plantes de Toulouse, mais ce ne sont pas non plus les écureuils gris obèses de New York. Non ceux de Seattle sont juste comme il faut, mignons à souhait..

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On n’aime pas… la nuit à 16h

Ce qui est moins drôle c’est de retour du boulot, quand tu rentres à 16h (oui je suis prof…) il fait déjà nuit en décembre ! Les journées sont vraiment très courtes en hiver, ce n’est pas étonnant que le rythme des Américains soit un peu décalé (ici en tout cas), si tu veux profiter du soleil (enfin de la lumière du jour pour être précis, car le soleil est rare de ces temps ci 😓 ), il vaut mieux se lever tôt et rentrer plus tôt du boulot.

On aime… aller acheter son pain de mie un dimanche soir à 23h

Ah, voilà un des points les plus flagrants dont vous avez tous entendu parler. Oui beaucoup de magasins ici ont des horaires très très étendues, certains supermarchés sont ouverts 7j/7 24h/24, et oui on avoue, on aime ça ! Quand le dimanche soir, tu rentres de weekend un peu tard et il te manque ton petit déjeuner pour le lendemain matin, ou quand en allant au boulot assez tôt tu te rends compte que tu as oublié ton lunch, et bien oui, tu es bien content de trouver un « petit » supermarché ouvert ! Et on s’y fait très vite, on a arrêté de regarder les horaires des magasins ou même de faire les courses en speed les yeux rivés sur notre montre aux alentours de 20h. Bien sûr ce système à ces défauts mais ne soyons pas hypocrites, bien sûr que ça nous arrange et qu’en tant que client on y trouve bien son compte.

On n’aime pas… les rayons de munitions dans les supermarchés 

En parlant de supermarché, il y a un truc auquel je ne me ferai jamais, ce sont les rayons d’armes et de munitions. Bien sûr on ne le retrouve pas partout, pas dans les supermarchés citadins, mais dès qu’on s’éloigne un peu du centre et qu’on entre dans des petites supérettes ou des grandes enseignes populaires type Walmart, il n’est pas rare de tomber nez à nez avec des armes à feu et des balles en vente libre. Ici à Seattle, on ne se rend pas trop compte de ça, mais nous sommes aux USA, le pays du règne des armes à feu, l’un des droits fondamentaux des citoyens…

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On aime… la ponctualité

Pas question d’arriver en retard à un rendez-vous ici ! Ce qui a été baptisé (avec un certain optimisme) le quart d’heure français, qu’on voit nous comme une sorte de politesse, serait pris ici comme un manque de respect. Que ce soit pour un entretien d’embauche, pour un rendez-vous médical ou même pour une soirée entre amis, l’heure c’est l’heure !

On n’aime pas… être invités pour dîner à 17h

Autant j’apprécie énormément cette ponctualité, autant ça pose un peu problème quand on est invités pour diner chez des amis à 16h ou 17h… Là, à vrai dire, le réel problème n’est pas d’arriver à l’heure, mais d’arriver en condition. Ca veut dire qu’il faut avoir organiser toute ta journée pour faire en sorte d’avoir assez faim pour manger un diner, environ 3 heures avant l’heure habituelle ! Pas si évident.. Les soirées entre français restent d’ailleurs sur la base du 20h, allez disons 19h30 histoire de s’intégrer un peu aux moeurs du pays 🙂

On aime… « How are you doing? »

L’attention portée au client dépasse ici toutes les limites. Que ce soient les vendeurs des magasins de vêtements, les serveurs des restaurants ou les caissiers de supermarchés, on n’échappe pas à la fameuse question « How are you doing? ». Jusque là ça va, mais ça va plus loin que ça : les Américains n’en restent pas à la question bateau, non non ils vont jusqu’à nous demander si notre journée se passe bien, si on a trouvé tout ce qu’il nous fallait ou même quels sont nos plans pour la soirée ou le weekend à venir ! En tant que Français de base, le premier réflexe a été la méfiance « Non mais qu’est-ce qu’il me veut celui-là ? On se connaît ? » On a pas l’habitude, et on est finalement assez mal à l’aise quand des inconnus entrent un peu dans notre intimité. Puis c’est comme tout, on s’y fait assez vite et on se prend au jeu !

On n’aime pas… ne pas savoir quoi répondre

Le problème de ça, c’est de faire la différence entre le « How are you doing ? » classique qui est pensé comme un simple bonjour, dit sans arrière-pensée, sans réponse en attente, et le « How are you doing ? » réellement pensé qui attend donc une réponse. Je vous laisse imaginer les moments de solitude quand je réponds au premier cas où quand je ne réponds pas au second… 🙂

On aime… les colis au pas de la porte

Bienvenue dans une société où la confiance règne ! Finis les avis de passage dans la boîte aux lettres en rentrant du boulot et les visites au bureau de poste avec la carte d’identité le samedi matin. Ici, les colis sont déposés au pas de la porte, dans le hall de l’immeuble ou même simplement sur les pelouses au devant des maisons. Bien sûr il faut compter sur l’honnêteté des passants, mais c’est un véritable gain de temps et d’énergie pour tout le monde !

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On n’aime pas… le prix du loyer

Ah la côte ouest des Etats-Unis, ses villes buildings, ses plages paradisiaques, ses routes scéniques… mais surtout ses prix exorbitants ! On n’en est pas rendus au point de San Francisco, mais mon dieu que la vie est chère ici à Seattle… Au premier abord on arrive tout foufous avec nos salaires qui ont au moins doublé depuis la France, mais après avoir payé le loyer, l’assurance santé, les abonnements divers et variés et même la bouffe qui n’est pas donnée, et bien finalement l’excitation retombe vite 🙂 Le problème de Seattle est qu’elle commence à accueillir les sièges sociaux de boîtes type Amazon et bientôt Google, qui proposent des salaires complètement invraisemblables, donc le niveau de vie de la population augmente très vite. Donc le coût de la vie suit, notamment les loyers, qui ont triplé en moins une dizaine d’années. Ce qui pose le problème des foyers « moyens » qui se voient certaines fois dans l’obligation de quitter la ville pour s’en sortir…

On aime… laisser nos affaires sans surveillance au Starbucks

Personnellement, je ne suis pas d’accord avec la critique qu’on entend souvent à propos du peuple américain individualiste. Bien spur ça dépend d’où on est, mais je trouve que globalement dans ce pays les gens sont beaucoup plus attentionnés à autrui et dans une relation plus bienveillante que dans notre vieille Europe. Les gens se regardent, se sourient, se disent des mots gentils entre inconnus, se respectent et s’entraident. Il n’est pas rare que des ouvriers s’arrêtent de travailler juste le temps de me laisser passer sur le trottoir, qu’une passante me complimente sur ma tenue vestimentaire ou bien qu’un chauffeur de bus descende de son siège pour aider une personne handicapée à bien attacher son fauteuil dans le bus. Vraiment c’est l’un des points qui rendent la vie extrêmement agréable ici, en particulier à Seattle où il est réputé faire bon vivre. On s’adapte très vite à ça, je me surprends maintenant à laisser mes affaires sans surveillance le temps d’aller aux toilettes dans un café ou engager la conversation avec un inconnu dans le bus.

On n’aime pas… « Can I see your ID? »

Aux USA, l’alcool est interdit à la vente et à la consommation pour les moins de 21 ans. Passé cet âge, il est nécessaire de présenter une pièce d’identité valable. Les cartes d’identité et autres documents français ne passent pas à tous les coups c’est quitte ou double, ce qui marche c’est le passeport ou le permis américain. Ils ne rigolent pas avec ça. Il nous est souvent arrivé de sortir sans notre passeport et de nous voir refuser une bouteille de vin à la caisse ou même une toute petite bière de rien du tout… Pire que ça, une fois nous étions tous les deux au comptoir, Valentin montre son passeport pas de problème, mais n’ayant pas le mien sur moi, on repartira sans notre vin car selon le caissier, il lui fallait « autant de pièces d’identité que de personnes présentes au comptoir ». Un ami nous a même raconté que sa grand-mère de 70 ans a du présenter un jour sa pièce d’identité dans un restaurant ! Et quand on pense qu’à côté de ça, les jeunes de 16 ans peuvent conduire ou même posséder une arme à feu dans certains états.. Cette société est pleine de contradictions 🙂

On aime… Jon

Jon, c’est notre hôte d’accueil, notre gardien de la sécurité et du bon vivre, notre électricien, notre plombier, notre peintre en bâtiment, bref notre irremplaçable gardien d’immeuble ! Jon ne lira sûrement pas cet article mais en faisant le point sur les bons côtés de notre vie ici, on ne pouvait pas faire l’impasse sur cet homme incroyable. C’est grâce à sa confiance que j’ai pu trouver si rapidement un logement seulement 10 jours après mon arrivée ici. C’est grâce à son zèle que nous avons emménagé dans un appartement comme neuf. C’est grâce à ses connaissances dans tous les domaines et son extrême disponibilité que nos petits soucis du quotidien sont réglés en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. C’est grâce à son humour et sa bonne humeur qu’on se sent bien quand on rentre à la maison. C’est grâce à des e-mails comme celui-ci : « You both are wonderful people and we are blessed to have you stay with us here. » qu’on se sent si bien accueillis et intégrés dans notre nouvel environnement. Bref, Jon est une personne incroyable et il est l’une des plus belles rencontres que nous avions faites depuis notre arrivée ici.

On n’aime pas… le politiquement correct

En tant que Français, on fait peur aux Américains pour notre franc-parler (entre autres). Je ne me suis jamais considérée comme quelqu’un de direct, rude et prêt à dire n’importe quoi aux dépens de la personne qui m’écoute. Mais en comparaison aux Américains, je suis une personne froide, franche et directe. Ici ce qui prime, c’est le politiquement correct. Jamais quelqu’un ne va te dire clairement et explicitement une critique négative, jamais tu n’entendras de critiques sur les gens. Non tout ça ici est déguisé derrière des sourires hypocrites et noyé dans des compliments à n’en plus finir, il n’y a jamais un mot plus haut que l’autre. Ce qui fait qu’on ne sait jamais vraiment le fond de la pensée des gens ! Enfin ce qu’il y a d’agréable, c’est qu’on ne passe jamais de mauvais de moments à supporter les avis négatifs des gens sur nous 🙂

On aime… les 10L d’eau dans les toilettes

Passons aux choses plus triviales. Les cuvettes des toilettes ici ont beaucoup plus d’eau qu’en France. Pourquoi, je ne sais pas. Mais en tout cas, c’est super pratique pour deux raisons : depuis qu’on n’est ici à n’a plus à se soucier des bruits indésirables ni des traces fâcheuses laissées par les grosses commissions (excusez ma grossièreté mais c’est un sujet des plus importants !).

On n’aime pas… la pomme de douche fixée au mur

Pour rester dans la salle de bains, les douches ici n’ont qu’une seule pomme fixée au mur, et pas de petite touchette amovible comme on n’en trouve souvent en France. Une question d’habitude certes, mais il n’empêche que je ne trouve encore ça pas très pratique lorsque je veux prendre une douche sans me laver les cheveux…

On aime… les plaques d’immatriculation design

Les plaques d’immatriculation aux Etats-Unis sont délivrées par chaque Etat et font référence à des symboles des couleurs ou des slogans associés à ces Etats. C’est totalement inutile et insignifiant mais j’adore regarder les plaques des voitures ici ! Certaines sont vraiment très belles, d’autres un peu moins, mais en tout cas ça apprend à connaître le symbole de chaque Etat. Ainsi on peut voir sur celle de l’Utah un dessin symbolique du Parc national des Arches, ou lire sur celle du Texas « The Lone Star State » en référence à leur drapeau à une étoile. Et vous aurez deviné que celle de notre Washington State présente l’un des symbole de la région :

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En cadeau je vous montre ma préféré, celle de l’Oregon, juste en-dessous de nous ! (West Coast is the Best Coast 😎 )

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On n’aime pas… les « traffic jams »

Les bouchons à Seattle, ce n’est pas qu’une légende malheureusement ! C’est bien beau une ville construite sur l’eau, ça fait plein de jolis quartiers séparés par des cours d’eau, des parcs et des lacs à foison, des balades en ferry… mais ça veut dire aussi embouteillages ! Oui, pour aller du centre de Seattle à la partie nord, il faut traverser de l’eau, et donc tous les véhicules empruntant ce chemin sont concentrés sur principalement 3 ponts. Imaginez un peu ce que ça donne en heure de pointe. Je crois que c’est la seule ville que j’ai faite pour le moment, où il m’arrive de passer autant de temps à rentrer en voiture qu’en bus. Pour faire la dizaine de kilomètres qui sépare mon travail de mon domicile, trajet qui se fait en une quinzaine de minutes habituellement, je mets régulièrement une bonne heure… C’est à s’arracher les cheveux ! Heureusement que les vues scéniques font parfois passer le temps un peu plus vite 🙂

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